Quand il reçoit une poupée aux yeux étranges, Benjamiah n’est que sceptique. Pourquoi ses parents, surement en train de se séparer, d’ailleurs, lui enverraient-ils une telle poupée ? Et lorsque ce qu’il prenait pour un simple jouet se transforme en singe et fait mille bêtises, le garçon ne comprend plus rien du tout. Sauf qu’il n’est pas au bout de ses surprises, car son cadeau l’entrainera bientôt de l’autre côté d’une porte secrète cachée dans la librairie où il vit. C’est ainsi qu’il entre dans Dandeleum, un univers labyrinthique où TOUT est étrange. Et où sa seule chance de revenir chez lui est de s’allier à une jeune fille désespérément à la recherche de son frère… et des whisperwick qu’il a semées derrière lui.
Publié simultanément dans 12 pays, et au deux formats chez Auzou, le premier tome des Whisperwick propose une grande aventure fantastique. Abordant les thèmes de la perte, de la famille et de l’entraide, Jordan Lees fait une belle part aux rebondissements et à la magie. Pour les grand.es lecteur.rices !
Attention, tout comme moi j’ai bien fait de lire ce livre jusqu’à la toute fin, je vous conseille de lire cette critique jusqu’à la fin aussi, question d’avoir un avis juste. Parce que je dois dire que jusqu’aux cinquante dernières pages, je n’étais pas complètement emballée. L’univers présenté est accrocheur et rempli de trouvailles ou de liens fascinants avec le monde réel (attendez de découvrir la version de Jordan Lees du Minotaure et du fil d’Ariane), le récit possède du souffle, un revirement n’attend pas l’autre et on sent bien l’urgence derrière la quête des enfants, mais…
Mais il me manquait la magie. Celle qui a fait que j’ai tout de suite été éblouie par les mondes de Harry Potter et de Nevermoor, par exemple. Les petits bonheurs qui traversent les pages. En effet, l’image mentale que je me suis créée des poupées Ecko aux yeux bizarres ne m’apparaissait pas comme « mignonne », le Dedaleum n’est pas particulièrement attrayant et Elizabella est revêche au départ, trop prise dans son drame pour être attachante. Par ailleurs, le Dedaleum est un univers complexe et dangereux, où il n’y a pas suffisamment d’étincelles pour que mon cœur partage l’enthousiasme de mon esprit.
Toutefois, Jordan Lees a réussi son pari avec un premier chapitre très accrocheur (dont vous pouvez entendre un extrait ci-haut) : je voulais savoir ce qui allait arriver.Et tout comme Benjamiah et Elizabella s’apprivoisent peu à peu, quand on quitte les horreurs de la Vipère, des Pendus et des yeux dont on extrait de force les couleurs (ça, je n’ai pas aimé), je me suis doucement attachée aux personnages. Les découvertes des whisperwicks et la compréhension de Nuisance et de son rôle m’ont aussi plu. Ce sont toutefois les révélations finales qui m’ont permis de vraiment la sentir. La magie. Comme si l’auteur avait attendu la toute fin pour lever le voile devant mes yeux et me montrer tout ce que j’avais cru distinguer sans mettre le doigt dessus au fil de l’histoire.
Bref, c’est costaud, bien sûr, et pour certain.es comme pour moi la magie pourrait arriver tardivement, mais je comprends l’intérêt planétaire (rien de moins) pour ce bouquin. Parce que ça fonctionne tout à fait. Et que c’est un récit qui touche à plein de niveaux différents, pouvant à la fois rejoindre les plus jeunes et les plus âgé.es !
À noter que le livre est paru en deux versions chez Auzou : ouvrage relié (avec jaspage) ou non, d'où les deux couverture !
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