







Pourquoi ce qu’on consomme en culture a-t-il un impact sur la vision que les filles ont d’elle-même ? À quel point ce qu’on nous présente dans les films, séries et livres est-il parfois déséquilibré ? Quels sont les stéréotypes et mécanismes scénaristiques qui influencent le regard qu’on porte sur un genre ? Et comment porter un regard critique sur ce qu’on regarde et écoute peut-il nous aider à augmenter notre estime de nous-mêmes ?
Écrit en réaction à la montée de la misogynie à l’école par India Desjardins, une autrice à la fois connue des jeunes et engagée, À s’en arracher le cœur s’intéresse aux stéréotypes de genre et aux dynamiques de violence dans les objets culturels que les adolescents consomment ainsi qu’à l’impact de ces représentations sur le réel.
Ce genre d’essai aurait pu être moralisateur, mais India Desjardins est une autrice d’expérience et sait comment parler à son public. Ici, elle utilise le ton d’une grande sœur bienveillante et crée un lien en partageant son propre apprentissage des codes et ses interrogations (mais pourquoi les personnages masculins dominent-ils toujours les histoires ? Pourquoi les « poupées » pour garçons ne sont-elles pas jugées comme celles pour les filles ?). Le visuel participe aussi à l’expérience, alors que les illustrations pimpantes et punchées de LaCharbonne dynamisent la lecture. Au fil des pages, on rencontre des exemples concrets à partir d’éléments tirés de la culture populaire comme Barbie et G.I. Joe, des sujets de réflexion à propos des modèles qu’on croise souvent dans la fiction et qui ne reflètent pas toujours la diversité réelle (comme le personnage féminin qui n’est là que pour que sa mort ou sa douleur serve de motivation au personnage masculin), et des outils pour éveiller son esprit critique (par exemple le Test de Bechdel ou une description des différentes manipulations émotives).
À noter que c’est le genre de livres qu’on peut classer vite comme « livre de filles » vu la couleur, la prémisse. C’est aussi le genre de livre qu’on peut juger sans l’avoir lu et c’est un peu drôle parce qu’India Desjardins dénonce justement cette tendance de société qu’on a à juger plus vite ce qui rejoint d’abord un public féminin. Bref, le lire, c’est mieux comprendre et ça, c’est important !





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