







Max et Maxx n’auraient jamais dû pouvoir coexister dans cette réalité où toutes les naissances sont surveillées et contrôlées. Dans ce monde qui doit gérer sa décroissance et a tendance à le faire au détriment de toute humanité. Seulement, voilà, ils sont nés ensemble, ont grandi à moitié cachés et ont survécu. Du moins jusqu’à ce que leur famille gagne un privilège. Un accès à la Grande Villa. Et que tout bascule.
Publié dans la collection de dystopies des éditions La Bagnole, ce récit qui parle de surpopulation, de loyauté familiale, de résistance et de solution finale. Il vise un public averti, mais de tous les niveaux, l’ensemble étant concis et aéré.
Après deux récits de Mathieu Muir dans cette collection, en voici un signé Frédérick Wolfe, un habitué des histoires assez brèves et pourtant captives. Encore ici, il parvient à placer le cadre et à créer un sentiment d’attachement envers ses personnages assez rapidement, notamment avec cette idée d’une cachette remplie de livres qui a tout de suite parlé à la littéraire en moi.
Côté mise en scène, l’univers est riche et expliqué assez efficacement pour donner froid dans le dos. Il faut dire que Frédérick Wolfe nous entraine dans un futur qui a de solides airs de Deuxième Guerre mondiale tout en faisant de multiples clins d’œil à notre réalité (et certaines des drogues qui circulent dans nos villes, par exemple). Le mélange, crédible et dissonant, n’est pas le genre de lecture qui vous remontera le moral et vous donnera confiance en l’avenir, je vous préviens.
Toutefois, le projet du roman est ambitieux pour la forme courte et j’ai trouvé que les personnages étaient plutôt passifs dans l’ensemble. Chacun des Max vit une expérience différente à partir du moment de leur séparation (chaque point de vue permettant de combler les angles morts de l’autre, par ailleurs), mais dans les deux cas ils sont guidés dans une nouvelle réalité qu’ils ne connaissent pas et ne sont pas maitres de leurs actions. L’impression plus descriptive qu’il ressort de leurs aventures m’a donc laissée un peu sur ma faim, mais je suis consciente que le ressenti est amplifié par le fait que je n’en suis pas à ma première dystopie et que je suis habituée à plus de pages pour ce genre de récit. Bref, ne boudez pas votre plaisir et préparez-vous à une finale… surprenante.
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