







Simon s’est toujours considéré comme un allié. Avec son meilleur ami Clarence, il fait même partie du CAFÉE, le Centre d’Actions Féministes Étudiant·es de son école. Pourtant, Simon n’attire pas vraiment les filles et son grand frère (qui se nourrit du discours des masculinistes qu’il suit sur internet), le convainc que c’est parce qu’il devrait s’affirmer davantage et prendre le contrôle. La stratégie semble fonctionner au départ. Toutefois, quand Simon se fait laisser par sa nouvelle blonde après une soirée où il ne voit pas ce qu’il aurait pu faire de mal, il se retrouve face à un choix : se poser de vraies questions sur lui-même ou se conforter dans son impression de n’avoir pas assez fait respecter son autorité.
Paru dans la collection Nuances, qui propose à son lectorat de faire un choix au tiers de sa lecture et offre deux fins possibles, L’illusion virile parle de masculinisme, d’égalité et de quête de sens à l’adolescence. Pour un lectorat intermédiaire.
Que j’aime cette collection ! Bien entendu, je ne peux pas lire une seule des fins, je veux savoir ce qui se passe dans les deux possibilités, et ce que je préfère, c’est quand les mêmes scènes se répètent, mais prennent des directions différentes vu la position du héros. Et ça, c’est particulièrement efficace ici puisque Simon est tantôt un allié qui prend de plus en plus conscience de l’impact de ses gestes et paroles, tantôt un adolescent influencé par les propos masculinistes de son frère. Ce qui se déroule et les paroles des uns et des autres passent donc forcément dans un filtre opposé et c’est fascinant d’en être témoin !
Côté écriture, c’est fluide et les dialogues dynamisent l’ensemble même si certaines expressions « jeunes » semblent parfois saupoudrées au hasard. On y croit quand même, à Simon et à son quotidien et j’ai aimé le suivre dans ses cheminements différents.
En fait, mon seul bémol vient du fait que j’ai l’impression que c’est un livre qu’un lectorat plus enclin à écouter le discours des masculinistes gagnerait à découvrir… et que pour ça il aurait peut-être fallu plus de neutralité au départ. Que Simon fasse partie du CAFÉE dès le départ en freinera plusieurs, je le sais. Bref, j’aurais voulu un début un peu plus neutre, ce qui aurait rendu la glissade mascu plus réaliste par ailleurs, mais j’ai tout de même apprécié ma lecture !
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