







1954. Envoyés dans un orphelinat tenu par des frères, les jumeaux Pierre et François s’aperçoivent vite qu’ici, rien n’est fait pour leur permettre d’apprendre et de s’épanouir. En fait, les garçons qui vivent derrière ces murs semblent être utilisés pour prendre soin des malades… et développent tous de curieux problèmes.
2026. La seule raison pour laquelle Jessie se dévoile à ce nouveau psy que sa mère la force à voir, c’est qu’il peut l’aider à trouver des renseignements sur le G.H.O.S.T., l’énorme bâtiment situé dans leur petit village. Passionnée d’urbex depuis qu’elle a vécu en Belgique, Jessie a bien l’intention d’explorer cet endroit qui réveille en elle de drôles de sensations. Mais si Jordan accepte de lui fournir de l’information, il ne perd pas son rôle de vue : permettre à Jessie d’affronter ses propres fantômes.
Et peut-être que ceux du passé lui seront nécessaires pour comprendre les siens…
Récit qui entremêle habilement suspens, psychologie et histoire, Mémoires fantômes aborde les thématiques de la santé mentale, des conséquences d’un drame et des orphelins de Duplessis. Complexe et dense, il vise un lectorat avancé.
Oui, c’est une brique et c’est le genre de récit qui a besoin de temps pour s’installer, ce qui peut faire peur à certain·es. Toutefois, la construction de l’histoire est brillante et il faut faire confiance à Fabrice Boulanger, sachez-le. En effet, tant dans le passé que le présent, le début plus lent de l’intrigue permet à l’auteur de poser les bases d’une suite explosive. Parce que ce qui se trame réellement à l’orphelinat où sont parachutés Pierre et François est glaçant (surtout qu’on apprend ensuite que cette histoire est basée sur le réel, les orphelins de Duplessis, et que ce genre de maltraitance a été commise en toute impunité). Et que la mère ne Jessie n’est pas la femme détachée et opportuniste que sa fille nous décrit, bien au contraire.
J’admets que je n’étais pas certaine d’apprécier ma lecture lors des cent premières pages, mais plus on entre dans le récit et plus celui-ci devient captivant, d’autant qu’il allie fiction et réalité. Personnellement, j’aime quand j’apprends en même temps que je suis divertie et ce fut le cas ici avec la partie se déroulant en 1954 et révélant un pan sombre du passé québécois. L’histoire de Jessie est par ailleurs fascinante à sa façon et je salue le travail d’écriture de l’auteur qui a semé des indices au fil du texte tout en restant dans le flou avant de ne pas gâcher la surprise finale.
En bref ? Il faut un peu de patience, mais c’est le genre de roman qui mérite notre temps et qui en surprendra plus d’un ! À découvrir !





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