Viens Émile, on rentre à la maison!

 
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  • Fiche technique
  • Titre : Viens, Émile, on rentre à la maison!
  • Auteur : Hans Traxler
  • Illustrateur : Traxler Hans
  • Éditeur : La Joie de Lire
  • Année de publication : 2018
  • Nombre de pages : 36 pages
  • Niveau de difficulté : débutant
  • Public cible : 9 ans et plus
  • Mots-clés : Abattoir, Animaux, Faim, Relation ,
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Billet rédigé par Marie Fradette, spécialiste en littérature jeunesse

« La vieille Marthe vit en alpage, à deux heures de marche du village. Émile, le porcelet, vit auprès d’elle. L’été va bientôt prendre fin […]. On ne peut imaginer plus bel endroit sur Terre que là où vit la vieille Marthe. Mais les temps sont durs, les gens ne pensent qu’à eux, et Marthe est seule, et si pauvre qu’elle va souvent au lit le ventre creux. » La dame parvient à vivre relativement bien, surtout l’été lorsque son jardin lui donne de bons légumes. Mais « en hiver, la vie est vraiment dure ».

Elle songe alors conduire Émile à l’abattoir. Sa viande la sortira de cette mauvaise situation au moins pendant les temps durs. Sans tout comprendre, le goret ressent et sent tout, notamment l’odeur du sang qui lui vient au nez lorsqu’ils approchent du lieu maudit.

Abordant avec sensibilité et subtilité le sujet chaud des conditions horribles vécues par les bêtes dans les abattoirs, Hans Traxler offre ici un album qui permet de prendre le pouls d’une réalité de plus en plus décriées. Les droits des animaux, la puissance de l’homme et l’alimentation sont au cœur de ce récit qui plaira autant aux plus petits qu’aux plus grands.

Mon avis

Alors que la mode au végan, au végétalien au vétégarisme, que les abattoirs font crier non seulement les animaux, mais aussi les humains horrifiés devant les méthodes drastiques employées dans ces usines, cet album tombe à point. Traxler ne fait pas dans le mélodrame, ni dans la revendication extrême. Dans un style d’écriture tout simple, concret et sans flafla, l’auteur du Chat qui n’arrêtait pas de grandir nous fait prendre conscience de cette réalité dans un décor bucolique. La vieille dame aime son porcelet, mais elle a faim. La route vers l’abattoir, notamment la vue de camions bondés d’animaux qui roulent vers leur destin, permet autant au lecteur qu’à Mathilde de réfléchir à l’acte qu’elle s’apprête à poser.

Les illustrations classiques de Traxler, réalisées au crayon de couleurs, offrent un portrait réaliste du sujet tout en établissant une distance avec l’horreur. Par exemple, la scène représentant l’abattoir permet de saisir l’ampleur du drame qui s’y joue, mais les couleurs pastel détendent l’atmosphère : les animaux sont dirigés à coups de bâtons vers l’usine, d’autres sont suspendus tête coupées dans une remorque, certains attendent leur tour dans un enclos et un fugitif est poursuivi par un homme, couteau à la main. Mais le tout est présenté dans un plan éloigné permettant d’avoir une vue d’ensemble de ce qui se trame. Un album à lire notamment pour la complexité de la relation qui lie l’homme et l’animal.


Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Marie Fradette le 3 juin 2018.

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Viens Émile, on rentre à la maison!
Hans Traxler
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