The hate U give : La haine qu'on donne

 
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Sophie a aimé ce livre

Un soir, alors qu’elle quitte une fête qui a mal tourné avec Khalil, son ami d’enfance tout juste retrouvé, Starr voit ce dernier mourir sous les balles d’un policier trop nerveux qui les a arrêtés alors qu’ils roulaient tranquillement.

Même si elle vit dans Garden Heights, un quartier difficile, et qu’elle a déjà vu mourir sa meilleure amie à 10 ans sous une balle perdue, c’est seulement à cet instant que Starr sent la révolte monter en elle. Quand le policier est blanchi pour son geste, que Khalil est simplement décrit comme vendeur de drogues dans les médias, qu’elle se rend compte que ceux qu’elle fréquente dans le riche lycée où l’envoie son père avalent toutes ces salades et se nourrissent de clichés, l’adolescente redresse la tête. Seule témoin, et malgré les gangs qui font pression pour qu’elle se taise, Starr va prendre la parole. Pour rétablir la vérité et pour faire comprendre qu’il y a vraiment, dans cette Amérique, deux poids et deux mesures.

Angie Thomas parle de racisme, d’injustice, de différences et d’acceptation de soi dans ce roman qui a déjà bousculé l’Amérique et sera adapté en film. Assez complexe et visant un public avisé étant donné les thématiques abordées, il s’adresse aux lecteurs intermédiaires et avancés.

Mon avis

« Lorsqu’elle a eu 12 ans, les parents de Starr l’ont informée sur la sexualité – et sur la conduite à tenir en cas d’interpellation par la police. ‘Laisse tes mains visibles’, lui a conseillé son père. ‘Ne fais aucun mouvement brusque.’ On ne peut être que troublé d’apprendre qu’à l’intérieur du kit du bon parent d’un enfant noir en Amérique figure le fait de l’instruire sur les choses à faire et à ne pas faire en cas de confrontation avec les représentants de la loi. […] Elle espère juste que Khalil a reçu le même enseignement. »

Vous êtes à la recherche d’un coup de poing? Ouvrez ce livre d’Angie Thomas qui nous plonge dans l’univers des gangs américains, dans une ville où vivre dans le ghetto veut dire s’exposer tous les jours à de possibles balles perdues. On est dans un récit qui pourra divertir, oui, mais aussi dans une œuvre phrase, un récit sociétal et politique qui fait réfléchir.

Si on entend moins parler du Black lives matters, mouvement qui a enflammé les États-Unis, ça ne veut pas dire que la réalité a changé. L’injustice est toujours d’actualité et les parents continuent d’avertir leurs enfants : surtout, laisse tes mains visibles. Ne fais aucun mouvement brusque. Ne dis rien qui puisse être ambigu. Comme souvent, les articles de journaux relatent les faits, mais peuvent ne pas toucher alors qu’un roman nous fait vivre la réalité de ses personnages et peut susciter un plus grand sentiment de compréhension, de révolte. Le récit d’Angie Thomas n’est pas parfait, mais on est dans la voiture avec Starr et Khalil, on est dans cette petite pièce sécuritaire de la maison de Garden Heights, la seule protégée de la rue, donc des balles, on est aux funérailles, quand les gangs de rue débarquent, on est dans la foule qui se révolte. Et on se pose des questions. Comme Starr, mais aussi comme son père, qui a inscrit ses enfants dans une école privée à une heure de route afin qu’ils aient une chance, mais qui se refuse à quitter le quartier parce qu’il dit que ce n’est pas en le laissant aux pires éléments qu’il a des chances de s’améliorer. Troublant.

Seul bémol, la traduction a été faite dans une langue parlée très forte, ce qui pourrait créer des soucis à ceux qui ne sont pas Français et n’entendent pas couramment « daron », « reum » et compagnie. Si on a voulu ici rendre la langue vivante de la rappeuse Angie Thomas, mais le décalage instauré est bizarre. Si vous êtes assez habiles pour lire en anglais, n’hésitez pas. Sinon, vous vous y ferez, ne laissez pas la langue vous gâcher cette lecture importante. Indispensable.  

Merci aux éditions Nathan pour le roman et à Pierre-Alexandre Bonin pour sa révision du billet!

Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Sophie le 5 juin 2018.

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