Dix jours avant la fin du monde

 
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« On se croirait dans un Disney, souffle-t-il.

- Ouais. Et désolée de te spoiler mais, dans cette version, Bambi meurt. »

Quand les premières explosions commencent en Océanie, personne ne sait ce qu’il se passe. Mais quand deux lignes se forment, sur toute la longueur de la Terre, détruisant tout sur leur passage, les autorités de tous les pays doivent se rendre à l’évidence : il semblerait que ce soit la fin du monde.

À ce moment-là, Gwen est occupé à rédiger son nouveau roman, prisonnier de l’inspiration, de la vie de ses personnages. Il veut bien suivre sa femme là où elle veut aller pour rejoindre son équipe de travail, mais seulement s’il a de quoi écrire.

Brahim, lui, est chauffeur de taxi, loin de sa famille, à Paris. Il est près de l’aéroport quand Lili-Ann en sort, dévastée parce que ses parents n’étaient pas dans le dernier avion à quitter le Japon, déterminée à rejoindre sa sœur en Bretagne, dans la maison familiale. Il devient son chauffeur. Ensemble, et avec Valentin, croisé en chemin, jeune homme en perte de repères suite à la mort de sa mère, ils s’enfoncent sur les routes avec des milliers d’autres réfugiés vers la Bretagne, le dernier endroit en Europe qui sera frappé par les explosions. Là où les deux lignes de choc se rejoindront.

Il leur reste dix jours à vivre.

Avec ce récit de science-fiction où elle met en scène la fin de l’humanité, Manon Fargetton offre un concentré d’action, mais aussi beaucoup d’émotions. En effet, c’est l’évolution de sa galerie de personnages qui est au centre de ce récit dense et riche, à portée des lecteurs intermédiaires et avancés.

Mon avis

Le récit principal, cette idée de fin du monde, cette course contre la montre, ces flots de réfugiés qui se massent à un endroit, c’est une histoire que j’ai déjà lue, à la mode dans la littérature pour ados (notamment celle venant des États-Unis) déclinée à plusieurs sauces. Mais ce livre-ci est particulier.

D’abord pour l’écriture, quasi musicale, de Manon Fargetton, qui, malgré l’urgence prescrite par le récit, prend le temps de bien dessiner la psychologie de ses personnages, mais aussi de créer des phrases percutantes, d’amener des réflexions profondes.

Puis pour cette histoire dans l’histoire, avec le personnage de Gwen et sa passion dévorante pour l’écriture, avec son livre qui vient s’intercaler entre les pages du récit principal et y fait écho de façon tout à fait surprenante. Cette mise en abyme donne une autre dimension, à la fois plus forte et plus personnelle, au récit de l’autrice (encore plus quand on découvre que ce roman écrit par Gwen est la première version de ce roman, écrit il y a plus de dix ans par Manon Fargetton, puis oublié dans le fond d’un tiroir… fascinant !).

Finalement, pour cette galerie de personnages divers. On est dans un livre « YA », mais les personnages ont des âges, des préoccupations, des histoires très différentes. Clairement, on ne vise pas un public trop jeune ici (le premier chapitre s’ouvre d’ailleurs avec une scène assez crue), mais un lectorat en quête des émotions fortes de la littérature pour adolescents, mais avisé. Et qui s’émeuvera autant des frissons de la nièce de Lili-Ann que des épreuves traversées par les adultes, ou encore de cet homme et son violoncelle sur la plage.

« C'est drôle, l'existence. Quand on est jeune, on croit qu'on ne tombera pas dans ses pièges, qu'on fera mieux que ses parents, mieux que tout le monde. On a tout prévu. On n'imagine pas que des galères peuvent nous tomber dessus - ça n'arrive qu'aux autres - et on attend de l'univers qu'il se plie à nos désirs. Jusqu'au jour où on comprend que les autres, ça peut aussi être nous. Et alors tout change. »

Selon Télérama, Dix jours avant la fin du monde est un « roman catastrophe intimiste », et je trouve la formule particulièrement intéressante parce que c’est bien ça : une histoire de fin du monde avec son lot d’adrénaline, de désespoir, mais aussi de vie violente, d’instants à cueillir maintenant et sinon jamais, mais aussi, et surtout, le récit d’une galerie d’êtres humains en quête d’eux-mêmes. De vie. Jusqu’à cette fin, ouverte. Parfaite. 

Merci à Gallimard pour le roman et à Pierre-Alexandre Bonin pour sa lecture attentive du billet!

Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Sophie le 13 décembre 2018.

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Dix jours avant la fin du monde
Manon Fargetton
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