J'ai tué un homme

 
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Sophie a apprécié ce livre

Arthur est malade. Le brillant collégien de 14 ans, solitaire et passionné d’histoire, fait une psychose : il est persuadé d’être Claire Breton, militante anarchiste, coupable de meurtre. Et aux médecins et infirmiers qui prennent soin de lui, il explique son crime, parle de son enfance, de ses motivations, de la politique de cette année 1923 à laquelle il est persuadé d’appartenir. Alors qu’il s’enfonce dans cette identité qui n’est pas la sienne, mais qui est pourtant profondément sa vérité, ses parents perdent pied, sa prof d’histoire se sent coupable, ses camarades de classe cherchent des réponses, le personnel qui l’entoure fait part de sa réalité. Comment aider cet adolescent à reprendre pied dans la vie réelle?

Avec ce roman psychologique qui parle de schizophrénie et est construit comme un caléidoscope autour du personnage d’Arthur, Charlotte Erlih signe un titre ovni, un roman choral qui aborde son thème principal par de nombreux angles. Complexe, le récit vise les bons lecteurs malgré sa brièveté.

Mon avis

Alors que les autres livres jeunesse qui parlent de schizophrénie (et ils ne sont pas légion) se concentrent sur celui qui en est atteint (ou alors sur un de ses proches), ici on a une approche beaucoup plus globale. Il est question d’Arthur (et son délire est assez perturbant à lire tant cette Claire Breton semble réelle), oui, mais aussi de ses parents, qui ont chacun une façon de réagir à la situation, de l’enseignante d’histoire et de son sentiment d’impuissance, de ses camarades de classe que la psychose d’Arthur vient perturber dans leur propre réalité, mais aussi du personnal médical de l’hôpital où l’adolescent se trouve. Ces derniers extraits ouvrent encore plus le récit parce qu’il n’est plus seulement question d’Arthur, mais bien de la réalité de ceux qui accompagnent les patients souffrant de maladie mentale au quotidien et les défis auxquels chacun doit faire face.

« – Je suis désolée. Mais au vu des circonstances, il vaut mieux, pour le bien de votre fils, que vous signiez cette demande d’hospitalisation…

– C’est que… enfin… je ne pensais pas que ça m’arriverait un jour. J’ai si souvent été à votre place. De votre côté de la table… J’ai travaillé six ou sept ans dans ce service, vous savez, sans me douter qu’un jour… Je regardais les gens exactement comme vous me regardez. Avec cette même empathie distante. Cette même pitié. C’est bien de la pitié que vous ressentez à mon égard, n’est-ce pas? »

À tour du rôle, tous ces protagonistes prennent donc la parole. Alors qu’Arthur parle surtout de lui (d’elle, au départ), ceux qui l’entourent cherchent des réponses, font part de leur ressenti en se livrant sans filtre. Et cette vérité personnelle semble plus importante que le récit lui-même, si bien qu’on a parfois l’impression d’être dans un documentaire. Parce qu’au final, il se passe peu de choses. Le temps passe, le couple formé par les deux parents d’Arthur vacille pendant la crise, le garçon est d’abord complètement perdu, puis refait surface (du moins aux yeux extérieurs) et une lueur d’espoir est entrevue, mais il n’y a pas de suspens qui fait en sorte qu’on veut connaitre le dénouement. Non, en fait, on reste parce que c’est fascinant. Authentique. Percutant dans sa réalité.  


Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Sophie le 11 septembre 2019.

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J'ai tué un homme
Charlotte Erlih
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