Ruby, tête haute

 
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Pierre-Alexandre Bonin a aimé ce livre

Ruby Bridges vit en Louisiane, un État ségrégationniste du Sud des États-Unis. En 1960, alors âgée de 6 ans, Ruby va passer un examen pour savoir si elle peut être admise à l’école William Frantz, à La Nouvelle-Orléans, autrefois réservée aux Blancs. Ayant réussi, Ruby se retrouve à être la seule enfant noire à faire sa rentrée scolaire à William Frantz. Escortée par des agents fédéraux, elle doit braver la foule de Blancs en colère qui refusent la fin de la ségrégation. Seule dans sa classe, en compagnie de madame Henry, sa professeure, Ruby apprend à lire et à compter. Ce n’est que lorsqu’elle est enfin autorisée à jouer avec les enfants blancs, dans la cour d’école, que Ruby comprend que le problème, c’est sa couleur de peau, à elle. Heureusement, dès l’année suivante, de nombreux autres enfants noirs fréquentent l’école William Frantz, suivant les pas de Ruby Bridges.

L’avis de P.-A.

On le voit depuis quelques années déjà, mais la question raciale est encore aujourd’hui un sujet sensible aux États-Unis. Des relents de la ségrégation et de l’esclavage demeurent encore bien présents dans plusieurs régions du pays. C’est pourquoi un tel album, endossé par Amnesty International, est si important.

Le texte, en forme de témoignage de la Ruby de 6 ans, est percutant et montre bien l’innocence naïve de l’enfance. On s’attache rapidement à la jeune fille, qui ne comprend pas pourquoi elle ne peut pas continuer à aller à son ancienne école avec ses amis. Et on revit avec elle une page sombre de l’histoire américaine.

Du côté des illustrations, Marc Daniau revisite à sa manière le tableau de Norman Rockwell à la base de cette histoire (The Problem We All Live With) en plus de donner vie à la Nouvelle-Orléans de Ruby. Les traits de pinceau sont plus prononcés et les images plus floues, mais cela n’empêche pas l’illustrateur de montrer la violence de la foule dans toute sa laideur. Certaines scènes sont particulièrement dures, dont celle où une femme blanche exhibe une poupée noire dans un cercueil.

Malgré tout, Ruby tête haute demeure un album lumineux, rempli d’espoir. Grâce à une narration enchâssée, l’histoire de Ruby est remise dans son contexte historique, alors que l’album débute et se termine dans une classe qu’on imagine contemporaine où l’enseignante raconte l’origine du tableau de Rockwelle et où Nora, une élève, prend conscience de la diversité de sa propre classe, contrairement à ce qu’a vécu Ruby lors de sa première année à l’école William Frantz.

Bref, c’est un livre indispensable pour mieux comprendre la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, mais aussi pour dénoncer le racisme sous toutes ses formes.

Le petit plus? À la toute fin de l’histoire, on retrouve un court texte informatif au sujet de la ségrégation aux États-Unis, du tableau de Rockwell et des commémorations entourant Ruby Bridges.


Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Pierre-Alexandre Bonin le 14 novembre 2018.
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Ruby, tête haute
Irène Cohen-Janca