







Dès leur arrivée sur l’ile où ils passent les vacances avec leur père dépressif, le petit frère d’Helyos devient bizarre. « C’est ici que je suis mort », dit-il avant de décrire en détail une maison qu’il n’a jamais vue. Et qui existe pour vrai, comme le découvre ensuite Helyos en se promenant sur l’ile. C’est même dans cette demeure qu’il rencontre des adolescents de son âge avec qui il part à la recherche de cet autre endroit dont lui parle Solal. La maison de verre où il est supposément mort violemment…
Thriller psychologique basé sur cette idée (bien à l’étude en France et dans d’autres pays) selon laquelle certains enfants se souviennent de morts traumatisantes, Soleil fantôme fait aussi une large place aux émotions, parlant de dépression, de confiance en soi, d’orientation sexuelle et de famille. Pour un lectorat intermédiaire.
Les plus beaux coups de cœur sont les inattendus. Quand on se lance dans un livre sans trop savoir ce qu’il en sera et qu’on en ressort profondément retournés. Ce fut mon cas ici.
Tout d’abord, il y a la force de cette intrigue autour de la mémoire glauque (et un peu surréaliste) de Solal. Très rapidement, on comprend que les indices que donne le gamin de cinq ans sur ce qui lui est arrivé sont bien réels, mais ils en font d’autant plus froid dans le dos. Parce que cette maison de verre est habitée par deux personnages qui semblent pour le moins dérangés, et qu’on y reviendra… souvent. Peut-être pour ne plus en partir. Toute la montée dramatique est d’ailleurs franchement réussie, j’en suis même venue à regretter d’avoir lu ce livre si tard dans la soirée vu la peur qu’il a instillée en moi !
Néanmoins, ce qui a fait de ce roman un vrai coup de cœur, c’est surtout la finesse de la psychologie des personnages. Il y a Hélyos lui-même et tout ce qu’on découvre de lui au fil des pages, sa grande sensibilité, son désir de prendre soin de son père (dépressif suite à sa séparation), de son frère ainsi que son inconfort face à lui-même, à son corps qui a pris de l’expansion (« un corps qui peut faire peur », l’écrit si justement Gaël Aymon) et aux jeunes de son âge. La complexité des relations qu’il noue avec la bande d’ados qui croise son chemin est aussi particulièrement bien amenée, chacun des personnages secondaires ayant une partition étoffée, une personnalité et une histoire propres qui viennent nourrir l’intrigue principale.
Bref, c’est un récit à la fois captivant, effrayant et poignant, le genre de lecture qu’on ne peut déposer avant sa finale, douce-amère, sachez-le !





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