







Épuisé·e de se battre avec son corps et son estime de soi, Alex décide d’avoir recours à une chirurgie bariatrique. S’il/elle en connait les dangers et conséquences physiques, l’adolescent·e ne mesure toutefois pas ce que ce changement aura comme impact. Perdre est-il vraiment synonyme d’amour de soi ?
« Maintenant, y avait une plaie.
Réelle, cachée sous les pansements.
Un fil qui fermait un chapitre.
Mon cœur battait.
J’étais en vie.
Je me sentais pas mieux. »
Court récit intime et poétique écrit dans une langue ciselée avec une mise en page qui encourage une lecture de sens, Perdre peut rejoindre tous les lectorats.
Récit coup de poing, Perdre met des mots sur des ressentis brutaux et des émotions viscérales grâce à une voix narrative puissante et une profonde authenticité.
Le choix du découpage du texte en phrases courtes a un impact important sur la réception et donne du relief à chacun des mots. Au fil des pages, on sent parfaitement la douleur d’être dans un corps « hors norme » à l’adolescence, tant dans le rapport aux autres, notamment à son amoureux, que dans le rapport du narrateur à ielle-même. En effet, même si Alex a vieilli et que ses pairs sont moins dans le harcèlement, le passé laisse des traces… même quand les kilos s’effacent. Tout comme les troubles alimentaires, d’ailleurs.
« Parce que ça fait partie du package deal de la dépendance.
Tu deviens expert en ce qui te détruit. »
J’ai particulièrement aimé la façon dont est présentée la relation d’Alex avec son amoureux (dans ma tête, Alex a été tout au long un garçon et je trouvais vraiment chouette le fait que l'homosexualité ne soit jamais un sujet, juste un fait, mais l'auteur m'a fait remarquer qu'il n'y a aucune mention de genre dans le texte... ce qui est brillant, tout en étant déstabilisant !), celui qui représente le premier contact avec l’extérieur, celui avec lequel Alex n’est pas capable de se sentir bien après l’opération. Ce n’est pas que les réactions de son amoureux sont inadéquates, c’est qu’il sert de miroir à Alex, qu’il réveille ses insécurités. Que lea narrateur doit d’abord s’aimer soi-même et que ça ne vient pas en package deal avec la chirurgie. C’est beau et douloureux à suivre et c’est vraiment une des forces du récit.
« Peut-être qu’on peut aimer un corps en mutation.
Peut-être qu’on peut aimer quelqu’un qui s’haït. »
En bref ? Perdre est un roman qui marque. Humain, profond. On en veut plus, François Gilbert !





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