Hate List

 
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Sophie a apprécié ce livre

Il y a cinq mois, Nick, le petit copain de Valérie, a ouvert le feu dans leur lycée avant de se suicider. Pendant la tuerie, il a parlé de la liste de la haine. Celle que Valérie a écrite dans le but de s’amuser et de dédramatiser l’exclusion dont ils sont les victimes à l’école. Celle que Nick a prise au sérieux, tuant en priorité ceux dont le nom s’y trouvait.

Cinq mois après le drame, donc, Valérie retourne au lycée et doit apprendre à se reconstruire quelque part entre sa propre culpabilité et le regard des autres qui la tiennent pour responsable des événements.  

Valérie est la narratrice de ce roman qui s’intéresse aux survivants et aux conséquences d’une tuerie. Entrecoupée d’articles de journaux parus après le drame, son histoire se déroule à la fois dans le présent et dans le passé puisqu’elle fouille ses souvenirs pour comprendre ce qui est arrivé. Les chapitres assez courts et le vocabulaire accessible permettront aux lecteurs intermédiaires d’attaquer le récit malgré ses 460 pages.

Mon avis

J’étais fort attirée par le roman, puis j’ai lu des avis mitigés et j’ai perdu un peu de mon enthousiasme, sans toutefois perdre l’envie de le lire. Et? Et bien, je suis aussi partagée.

Le thème est fort et l’approche efficace. On comprend dès les premiers chapitres l’ampleur du drame et le champ dévasté qu’est devenue Valérie. On saisit aussi qu’elle-même ne comprend pas tout et qu’elle distingue toujours deux Nick dans sa tête, celui qu’elle a aimé et qui était pour elle une bouée de sauvetage et celui qui a tiré de sang-froid. Il est ici question de la mince ligne qui sépare un geste anodin, l’écriture d’une liste de la haine pour se défouler, de la folie. D’ailleurs, l’adolescente, tout comme son entourage, se pose la question suivante : est-elle responsable de ne pas avoir compris le sérieux de Nick? De ne pas avoir compris avant qu’il agisse qu’il avait sombré de l’autre côté de cette fine ligne?

« Tu n'as peut-être pas appuyé sur la gâchette mais tu as contribué à la tragédie. »

Le propos est donc captivant et le personnage de Valérie est crédible, tout comme le sont ses parents (j’ai trouvé très intéressant le fait qu’ils doutent aussi de la responsabilité de leur fille et qu’ils ne ferment pas les yeux sur tout!) ainsi que les personnages sympathiques que sont le psychologue de l’adolescente et la prof de peinture délurée qu’elle rencontre, mais…

… Mais il y a quelque chose qui accroche. J’ai parfois eu l’impression que l’auteure avait manqué de souffle et que le roman manquait d’unité, d’inspiration. Il y a des moments très agréables, mais ce n’est pas une impression générale. Comme si l’ensemble était trop bavard, pas assez profond. Oui, il est question de la reconstruction de Valérie, mais comme elle se pose rapidement toutes les questions et qu’il n’est jamais vraiment question des causes (tout comme l’enquête policière semble abandonnée en cours de route), on tourne un peu en rond. Dommage.

En bref? Un roman très actuel qui s’intéresse aux survivants de ce genre de drame, mais une écriture inégale.

Si vous avez aimé, vous pourriez être tenté par Solitude armée et Treize raisons.

Merci aux éditions Albin Michel pour le roman!


Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Sophie le 11 mai 2012.

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Hate List
Jennifer Brown
sur leslibraires.ca.
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Emilie Rosier (17.02.15 à 18 h 06)

J'avais lu ce roman il y a quelque temps et ce que j'en retiens est assez sensiblement ce que vous dites dans cet article. Il y a une trop grande rapidité dans la reconstruction de Valérie alors que les passages qui sont les meilleurs, pour moi, c'est quand elle confronte les deux Nick dans sa tête. Il y aussi un truc qui m'a pas mal révolté .. que tout le monde tienne Valérie pour responsable de la tragédie, j'ai eu envie de frapper les personnages à chaque fois .. c'est sans doute très réaliste, très humain ..; Mais en quoi elle serait responsable ? C'est juste une gamine malheureuse, snobée au lycée, sa liste c'était juste un défouloir, rien de plus ! Si son copain l'a pris au mot, elle n'est pas responsable de ses actes à lui. Je me suis d'ailleurs pas mal identifiée à elle car à l'époque du collège/lycée j'étais comme elle, seule au milieu des autres, ignorée, je détestais les autres, les méprisais, je rêvais de les tuer, j'imaginais leur mort violente ... Mais j'aurais jamais passé à l'acte ! Valérie est rien de moins qu'une ado normale et j'ai trouvé que cette injustice de la nommer responsable est pas exploitée du tout, elle ne l'évoque même pas avec son psy ... Bref, pour moi, ce roman a une thématique géniale, le début qui raconte l'horreur de la tragédie est parfait, mais l'histoire de la reconstruction manque beaucoup de profondeur.

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