À cause de ses résultats catastrophiques et de son manque d’implication, Albert est changé de groupe à la polyvalente où il tente de passer sa deuxième secondaire pour la seconde fois. Se retrouvant dans le groupe 09, entouré d’élèves en sévères difficultés ou avec des troubles de comportement, Albert voit ses fréquentations changer et il délaisse son ami d’enfance un peu bizarre, Sam, pour se joindre à une nouvelle clique grâce à laquelle il fera la connaissance de Zoé.
Kickflip est un roman réaliste mettant en scène un adolescent qui a une passion pour le skateboard. Jouant entre le langage familier des dialogues et un vocabulaire plus soutenu, Olivier Simard aborde les thèmes de la réussite scolaire, de l’amitié et de la famille dans un récit qui, s’il n’est pas rempli de péripéties, est rythmé par la vie quotidienne d’Albert. Si le niveau de lecture est assez relevé et que les lecteurs débutants auront un peu de difficulté, les aventures d’Albert pourraient bien leur plaire tout de même. Pour tous, donc!
Question à Olivier Simard !
Une scène de « bataille de bouffe » ouvre le roman. Est-ce un fait vécu? Vu? Est-ce que tu t’es beaucoup inspiré de ta réalité en tant que prof pour écrire ce récit?
La « bataille de bouffe » est un fantasme très répandu chez les élèves. Pour la décrire, je me suis inspiré de vidéos Youtube et des menus de la cafétéria de l'école où je travaille. Durant tout le processus, j'ai regardé beaucoup de vidéos sur internet, à la recherche de petits détails à inclure dans le texte. La façon dont les vêtements trop grands bougent sur le corps, des kickflips au ralenti, des extraits de jeux vidéo, des scènes captées dans des autobus scolaires, dans des corridors d'école, etc. J'ai eu beaucoup de plaisir à écrire comme ça.
Mon avis
Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman. Et, en même temps, il se passe tout. Olivier Simard met en scène ce moment de l’adolescence où on se défait des vieux vestiges de l’enfance pour plonger pleinement dans autre chose et il le fait avec brio, tant sur le plan de l’histoire que sur celui de la langue.
Comme l’auteur le dit dans la vidéo ci-dessous, Albert est un jeune qui a voulu réussir à l’école, entrer dans le moule, mais qui n’en est pas capable. Dans ce cas-ci, cette difficulté est représentée par un monstre qui se cache dans la coffre à crayons et c’est une image que je trouve parfaite pour représenter la situation. En fait, l’ensemble du récit est d’un réalisme saisissant. Olivier Simard est enseignant et ça se sent qu’il vit dans ce milieu d’adolescents et de jeunes qui vivent des difficultés, tant il a su rendre l’essence. Les personnages sont ainsi crédibles et intéressants, en particulier ceux de Sam et du frère d’Albert, différents chacun à leur manière.
Olivier Simard possède aussi une superbe plume, une vraie voix littéraire, capable d’utiliser le vocabulaire propre aux adolescents dans les dialogues puis de faire des figures stylistiques qui enrichissent le roman et en font autre chose d’une simple chronique du quotidien d’un adolescent.
En bref? C’est un superbe moment de lecture et je le recommande sans modération!
Si vous avez aimé, vous pourriez être tenté par Le chemin de sable.
Merci à la maison d'édition La courte échelle (et en particulier à Alice pour la primeur) pour ce roman!
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