Je n’ai pas lu le premier livre relatant les aventures d’Ariane Blackburn et les premières phrases du roman m’ont donné envie de m’y plonger, mais je crois qu’on peut lire ce deuxième livre sans avoir lu le premier puisque l’histoire est indépendante.
Vivant difficilement sa peine d’amour, Ariane accepte la proposition de son cousin de changer d’air et le suit à Dawson, une petite ville du Yukon où il travaille pour un musher, un conducteur de traîneaux à neige tiré par un attelage de chiens. Elle se changera rapidement les idées puisqu’elle découvre bientôt un cadavre dans une petite rue et, alors que tout le monde semble croire que c’est un accident, des indices font croire à la jeune femme qu’il pourrait s’agir d’un meurtre. Utilisant son nouveau statut de journaliste au petit journal de Dawson, Ariane mène l’enquête. Mais dans une si petite ville, tout le monde se serre les coudes et l’étrangère dérange…
Le suspens créé par Mylène Gilbert-Dumas dans ce roman entre réalisme et fantastique est efficace et garde le lecteur captif de ses pages. L’ambiance est en grande partie créée par le Yukon, la ville de Dawson devenant presque un personnage du récit. Attention toutefois, la lenteur du récit ainsi que l’âge des protagonistes en font un roman qui plaira peut-être davantage aux jeunes de 15 ans et plus ou aux lecteurs avancés.
Mon avis
J’étais à la recherche d’un roman policier lorsque je me suis sentie interpelée par le titre de ce roman et j’ai été servie par l’enquête d’Ariane qui commence dès son arrivée au Yukon et se poursuit tout au long du roman. Les circonstances de la mort d’une jeune femme sont en effet bien nébuleuses et les suspects nombreux. Il y a donc une belle montée du suspens alors que les indices sont disséminés dans les pages et que les corbeaux servent de fil conducteur inquiétant. Sans révéler de surprise, je peux dire que le dénouement est d’ailleurs complètement inattendu parce qu’on touche un peu au fantastique, Mylène Gilbert-Dumas s’étant inspirée de la légende amérindienne des Triksters pour tisser sa finale.
L’univers particulier du Yukon crée en outre rapidement une atmosphère bien spéciale et participe à la richesse du roman. En même temps que l’on suit la quête d’Ariane pour trouver à qui appartiennent les mystérieux cheveux noirs qu’elle a aperçus dans les mains de la morte, nous découvrons aussi la réalités de ces êtres qui vivent de leur plein gré dans un tel climat. C’est passionnant, sans compter que la plume de Mylène Gilbert-Dupras parvient à esquisser les paysages comme les caractères en quelques mots.
En bref? Une enquête intéressante, mais surtout une belle occasion de découvrir une réalité loin de ce que nous connaissons!
Si vous avez aimé, vous pourriez être tenté par 178 secondes.
Merci à Soulière éditeur pour le roman!
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