L'albatros et la mésange

 
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Il y a Jean-Baptiste, adolescent surdoué, zèbre dans un monde d’humains, ainé d’une grande famille, pris entre un père fervent catholique, les enfants dont il s’occupe, sa fascination pour les oiseaux et ce concours pour universitaires qu’il tente de remporter même s’il n’a pas l’âge grâce à un essai dans lequel il verse tout son savoir.

Il y a Mélodie, adolescente à un moment charnière de sa vie, blessée par un amour qui l’a consumée et qui lui a fait perdre toute confiance en elle et envers les autres. Elle a de la difficulté à parler avec son entourage, à accomplir ses devoirs, comme ce stage en garderie, mais se défoule dans la course.

La première fois qu’ils se voient, Jean-Baptiste crie vertement sur Mélodie, qui a fait fuir les oiseaux qu’il observait avec sa musique. Mais leurs deux univers sont appelés à se percuter de nouveau…

Il y a beaucoup d’émotions dans L’albatros et la mésange, dernier livre de l’autrice Dominique Demers. Mettant en scène des personnages différents, cette histoire foisonne de thèmes tout en laissant une large place à l’apprivoisement sous toutes ses formes alors que les deux personnages principaux prennent la parole en alternance. Assez lent et costaud, il vise les lecteurs intermédiaires et avancés.

Mon avis

Dominique Demers fait dans la dentelle avec ce récit qui demande du temps. D’abord pour entrer dans l’histoire, les deux personnages n’étant pas des extrovertis et demandant de la patience pour se laisser apprivoiser, l’un et l’autre, oui, mais aussi du lecteur. Ensuite, parce que c’est une histoire qui est lente en elle-même, qui laisse la place aux détails, qui se construit peu à peu au fil des rencontres, qui prend le temps d’explorer différents thèmes en parallèle : la famille catholique de Jean-Baptiste dans un univers qui se détourne de la religion et la tension qui est née entre le père et l’adolescent quand ce dernier s’est détourné de la foi, les conséquences d’une relation sexuelle non consentie (et tout le flou autour du mot « viol »), le rapport entre les humains et les animaux (avec moult détails sur la vie de ces derniers et leurs particularités), les secrets familiaux… C’est dense parce que l’important est la nuance et qu’il faut prendre le temps de creuser les thèmes, peut-être un peu trop nombreux toutefois. Mention spéciale à la façon dont le viol est abordé, avec une scène qui est dure au départ (elle arrive vite et on ne sait pas trop où se mettre à ce moment), mais qui prend tout son sens au fil du récit, alors que Mélodie apprend peu à peu à comprendre sa réaction sur le coup, à l’accepter, à réaliser qu’elle peut continuer d’avancer. C’est aussi un peu lent, mais le récit est tissé de main de maitre, les passages se répondant entre eux, certains détails glissés au début ne trouvant leur résonnance que dans la fin. Bref, c’est un livre atypique qui suscitera sans doute les discussions, un livre sans demi-mesure, que ceux qui aimeront reliront quelques fois, que ceux qui n’aimeront pas ne finiront peut-être pas non plus…  

Merci à Québec Amérique pour le roman et à Pierre-Alexandre Bonin pour sa révision du billet!

Billet corrigé par Antidote 9 juste avant d'être publié par Sophie le 17 mai 2019.

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L'albatros et la mésange
Dominique Demers
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