Billet écrit par Jean-François Tremblay, enseignant.
En 1943, l’Italie est déchirée en deux. Les régimes dictatoriaux montrent des signes d’essoufflement et le roi, appuyé par les dirigeants du parti fasciste, fait enfermer le véritable chef du pays : Benito Mussolini. On prévoit l’offrir aux Alliés afin de prouver la bonne volonté des Italiens. Il ne doit donc en aucun cas tomber entre les mains de ses amis nazis, quitte à l’abattre si nécessaire!
L’ex-dictateur est ainsi transporté d’endroit secret et perdu à un autre, jusqu’à des sommets de montagnes prétendument inaccessibles pour des avions. Pourtant, l’immense colère de Hitler face à cette nouvelle pousse les nazis à tenter l’impossible. Pour cette mission, le fürher désigne le téméraire capitaine SS Otto Skorzeny.
C’est ainsi que le jeune Tommaso se retrouve au milieu d’une opération militaire incroyable.
Opération Eiche est une fiction historique sur la Deuxième Guerre mondiale qui se concentre presque exclusivement sur l’évasion de Mussolini. Considérant le sujet et le vocabulaire utilisé, ce plutôt court roman cible un lectorat intermédiaire d’une certaine maturité.
Encore une fois, Camille Bouchard déterre des faits historiques surprenants et moins connus et nous fait le plaisir de propager ses connaissances en en écrivant un roman! On ne s’éparpille pas dans la guerre ici; après une brève introduction, la table est mise et la brute de Skorzeny est prête à partir délivrer le Duce. « Quelle mission folle! » me disais-je tout au long du récit. On y trouve des atterrissages dans les montagnes escarpées, un officier traitre qui donne des faux ordres, quelques centaines de soldats italiens et allemands qui ne savent plus trop s’ils sont alliés ou ennemis, un décollage en avion suicidaire. Et dans tout cela, un seul coup de feu sera tiré… accidentellement! J’ai aussi apprécié, en plus de l’action, être témoin de l’importance des jeux politiques et de pouvoir dans le déroulement de l’Opération Eiche. Voici une fascinante histoire racontée par Camille Bouchard!
J’ai toutefois moins trouvé prenante l’histoire fictive du jeune berger italien qui se retrouve en pleine action. Celle-ci est un peu lente à démarrer en comparaison à l’opération militaire racontée en parallèle. De plus, la narration de l’adolescent emprunte à la fois un vocabulaire recherché (et européen) et des structures de phrases emphatiques (que je soupçonne utilisées pour faire plus paysan), ce qui sonne étrange pour moi et alourdit la fluidité du texte. Au final, l’aventure de Tommaso se révèle malgré tout amusante. En plus d’apporter un brin d’humanisme à toute cette folie, le berger teinte d’absurdité la scène d’évasion en tentant de négocier directement avec Mussolini pour la perte de son mouton. On en vient à se demander qui est le plus téméraire dans cette histoire abracadabrante!
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