







Attention, ce livre est le deuxième de la série. Ne gâchez pas votre plaisir et commencez par le premier : Pied-de-poule-mouillée
Pauline devrait être heureuse. Son père est revenu, elle est rentrée chez elle, a retrouvé la proximité avec Noa. Mais il y a la maladie de Bernard, la difficulté à payer les comptes, donc l’arrivée d’une nouvelle coloc, les frais de scolarité et, surtout, la parenthèse chez sa grand-mère l’a changée. Son regard sur ce qui l’entoure s’est modifié. Pour le meilleur et pour le pire… surtout que la vie lui réserve encore des surprises.
« Comment nos vies peuvent-elles tenir dans si peu d’espace ? Comment on peut devenir ce qu’on a envie de devenir quand on n’a même pas de place pour dégourdir nos jambes quand elles sont envahies de fourmis ? »
Deuxième tome de la série La chose, Belette au beurre noir creuse le conflit de loyauté de Charlotte, prise entre deux univers entre lesquels elle ne parvient pas à trouver son équilibre. Bref, aéré par de nombreux dialogues et très imagé dans l’écriture, il convient à tous et toutes.
Il y a des auteurs et des autrices qui peinent à émouvoir leur lectorat malgré leurs efforts, en dépit de tous les mots et les images qu’ils et elles emploient. Et il y a Élizabeth Baril-Lessard. De qui même la description la plus courte et brève atteint systématiquement la cible. Et fait vibrer au diapason.
Je me doutais bien que la suite de sa Chose serait à la hauteur du premier tome, mais je ne peux m’empêcher d’être admirative devant la maitrise dont l’autrice fait preuve dans ce récit qui laisse encore une large place au conflit de loyauté et explore la lutte des classes sociales de façon habile et accessible pour son jeune public tout en ne perdant jamais le fil conducteur du cœur, de sa Charlotte qui entre dans l’adolescence et cherche à se comprendre elle-même tout en faisant face aux aléas de la vie.
Ainsi, Élizabeth Baril-Lessard rend bien l’impression d’être submergée des ados, leur besoin d’avoir un nid solide, un espace à eux. Partager une chambre avec son père alors que débarque une nouvelle coloc, c’est dur pour Pauline. Encore plus maintenant qu’elle sait qu’elle peut avoir plus. Pour se trouver des repères stables, elle va devoir défaire son casse-tête personnel pour le remonter tranquillement, à sa manière, même si cela implique de prendre du recul et peut-être de blesser son entourage au passage. C’est typique de ce moment de la vie, mais ce qui l’est moins, du moins en littérature jeunesse, c’est cette complicité intense dans la relation père-fille, et c’est beau à lire. Inspirant.
En bref ? Un deuxième tome vraiment réussi avec une finale en feux d’artifice qui ouvre la porte à une suite bouleversante. À découvrir absolument !





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