







1898. Le lieutenant-colonel John-Henry Patterson est envoyé sur le chantier ferroviaire de la rivière Tsavo, chargé de superviser les équipes dans la création du pont. Seulement, voilà, chaque nuit, des hommes se font emporter et tuer par des lions. Esprits africains se vengeant de la destruction des ressources ou simples bêtes si affamées qu’elles s’attaquent à des proies inhabituelles ?
Récit historique qui nous entraine à la suite de Patterson dans sa quête de débarrasser le chantier de la menace animale, Tsavo nous permet aussi de découvrir la réalité de ce camp et les relations inégales entre les officiers britanniques et les travailleurs venus de différentes régions du monde. Pour un lectorat intermédiaire.
Camille Bouchard est un féru d’Histoire et il n’en est pas à ses premières « reconstitutions littéraires ». Encore une fois, il utilise ici sa plume pour nous faire découvrir un moment historique un peu mystérieux, permettant du même coup de comprendre l’esprit d’une époque et d’un lieu.
Parce que c’est ce qui marque en premier dans ce récit : le ton colonialiste. Dans un souci de rendre les évènements exacts et de recréer des conversations en adéquation avec ce que l’on sait des individus qui font partie de cette histoire, Camille Bouchard montre toute la condescendance du lieutenant-colonel britannique, la servitude de ses aides, les réflexions parfois choquantes que les uns peuvent avoir à propos des autres. Cette inégalité ’est déstabilisante parce qu’on ne la croise plus en littérature jeunesse de nos jours, mais c’est aussi important de la conserver dans un récit historique, comme un devoir de mémoire, et c’est bien expliqué dès le départ.
Le moment raconté est intéressant parce qu’il est quand même vraiment surprenant de voir des lions attaquer ainsi des campements d’hommes (et il n’y a pas de raison claire, sachez-le). Toutefois, ce qui explique mon avis mitigé, c’est qu’il ne se passe finalement pas grand-chose. Oui, les lions effraient, oui, on a hâte de découvrir comment ils seront battus, mais il manque peut-être une histoire parallèle, un autre fil dramatique, pour garder le lectorat captif.
Bref, c’est une reconstitution impeccable et fascinante, mais la volonté de rester fidèle au déroulement des évènements fait en sorte que la quête unique souffre un peu de longueurs.
Sophielit est partenaire des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Cliquez ici pour plus d'informations sur ce partenariat.
Nouveau commentaire